« j’aimerais tourner avec un italien, j’adorerais, je me sens très bien en Italie, et je ne sais pas pourquoi » …sa voix profonde et cristalline, ses yeux de Bohème, ses gestes mesurés, la puissance de l’énergie qu’il dégage, remplissent l’espace totalement…

Homme aux mille talents et de grande détermination, Vincent Lindon est un acteur très réputé, il a tourné plus de 70 films. Il est allé vers ce métier « par hasard » et il raconte avoir toujours appris quelque chose des rôles qu’il a interprétés, tant de pouvoir affirmer, avec certitude, que chaque film l’a forgé et fortifié, pour devenir l’homme qu’il est aujourd’hui.

Nous l’avons rencontré à la conférence de presse du Festival du Film Français, organisée à Florence par France Odéon.
Dès qu’il est entré dans la salle de conférence, il a tout de suite invité les journalistes et les photographes à baisser les portables et les caméras, à ne pas filmer et à prendre leur temps pour l’accueillir avec le cast du film « Jouer avec le feux » notamment Benjamin Voisin et Stefan Crépon. Il a insisté sur le fait qu’aujourd’hui les gens ne se parlent plus et tout le monde est occupé à répondre aux messages, sans même lire les réponses. Ce système, il ne l’aime pas et on est bien d’accord avec lui.

Il avoue que ce qui le passionne dans le monde du cinéma, c’est de pouvoir parler à un grand nombre de personnes. En effet, à part l’histoire, le scénario et la mise en scène « c’est toujours le rapport humain qui remporte» et c’est cela qui est important. 
« Le but d’un film c’est de faire réfléchir après, c’est pas de donner des avis ou inviter le public à penser une chose plutôt qu’une autre. Chacun voit ce qu’il veut dans une scène d’un film. »

Du coup la conversation avec la presse tourne brusquement vers le deuxième film qu’il présente au festival et qui s’appelle « Le Choix. » ll s’agit d’un film qu’il joue en solo, dans une voiture, et tout se passe pendant qu’il conduit. Son personnage, Joseph Cross, est déchiré entre un triangle de choix qui devient imminent : il doit retourner au travail, il est « bâtisseur » (plus précisément chef de chantier); il doit aller voir sa famille; une personne qu’il n’aime pas lui demande de l’aider. 
Autour de ce dilemme le personnage « s’écoule », il se trouve encastré dans une boîte laquelle s’avère être sa propre voiture. C’est là que Lindon explique que ce personnage est celui qui lui ressemble le plus et que ce rôle l’a complètement bouleversé, dans le sens que la difficulté de faire face à trois choix différent l’a immergée « dans un labyrinthe où trouver la sortie. »

Quand il a regardé le film après, c’était  la seule fois qu’il avait oublié que c’était lui même et il s’est demandé comment il avait pu faire ça et il n’était pas sûre qu’il pourrait le refaire.
« En plus j’avais peur que le personnage n’y arrive pas (à faire son choix)…. Je suis très fier de ce film. »

La conférence de presse se termine, il sort très vite de la salle. Je reste encore un peu de temps assise à ma place et je réfléchis sur tout ce que j’ai ressenti. Je regarde mon carnet où j’avais  noté la question que je n’ai pas osé lui poser. 

J’aurais voulu savoir comment est Vincent Lindon dans la vraie vie de tous les jours, quand il se lève le matin, est-ce qu’il boit son café ?est-ce qu’il marche autour de son quartier etc. J’aurais aimer lui demander ce qui le rend heureux et si parfois il est triste. Mais bon quand je penserai de nouveau à lui, je vais rester dans « le fantasme du cinéma.»

Merci à Davis&Co – Caterina Briganti et Lea Codognato – pour avoir organisé la rencontre avec Vincent Lindon. Pour plus d’informations sur le festival: www.franceodeon.com